Jimena Royo-Letelier

Alice Guerlot-Kourouklis

Concept, musique, programmation et direction artistique

 

Aneymone Wilhelm

Scénographie, créations des sculptures et mobiles

 

 

Iakeri | Paris, France | 2016 - 2019

 

en - fr - es

Information : musique : matière

Murs invisibles est une installation sonore et visuelle qui se propose d’offrir une perception et une appréhension des inégalités hommes-femmes par l’immersion dans un espace où les frontières visuelles, le son et la musique sont dessinés, distordus et révélés par les data de genre. S’il est beaucoup question aujourd’hui de l’utilisation et de l’appartenance de nos données personnelles, tout comme de l’utilisation des technologies de l’information au service d’une économie spéculative, Murs invisibles entend prendre le contre-pied et utiliser des open data pour donner à voir et à entendre des réalités actuelles dont l’ampleur n’est pas toujours visible.

Transmission

Le projet est né de la question suivante : comment utiliser le son pour traduire, rendre audibles et visibles, des réalités sociales, dont la connaissance et la perception sont souvent parcellaires? C’est une recherche sur les possibilités d’expressions plastiques et sonores de problématiques sociales et philosophiques, mais également de conciliation entre informatique, musique expérimentale et transmission de data. Au delà de la recherche formelle et technique que cela suppose, Murs invisibles est aussi un questionnement sur ce que l’on veut adresser au public dans l'oeuvre. Comment créer un dispositif immersif visuel et sonore, provoquant à la fois une expérience sensible et un contexte de saisie de réalités sociales, incarnées de manière brute par les chiffres et les données qui en sont issus? Comment faire de l’espace de l’installation, un lieu de convergence entre expérience sensible et communication de données sur le réel?

Open Data

L’utilisation de données locales (lieu et ville dans lesquels se situe l’installation) en plus de données nationales et internationales, permet de lier intrinsèquement l’oeuvre au lieu dans lequel elle est exposée et de créer une proximité immédiate entre le spectateur, l’oeuvre et la réalité sociale, qui en devient moins abstraite.

Surfaces mobiles

Afin de faire émerger des formes sonores incisives et parfois brutales, à l’image des réalités sociales exprimées par les data, le choix d’une composition musicale enveloppante et hypnotique viendra renforcer les distorsions opérées par les data. Dans le même sens, une scénographie toute en transparence et légèreté, la création de mobiles suspendus, et le choix symbolique du tulle comme matière principale des “murs invisibles” sont là pour happer le spectateur.